Présidentielle 2027 : « Aucune banque française n’a répondu favorablement », le RN toujours à la recherche d’un prêt
À moins de huit mois du premier tour de l’élection présidentielle, le Rassemblement national n’a toujours pas sécurisé de financement bancaire en France. Jordan Bardella assure que plusieurs établissements ont refusé, tandis que le gouvernement cherche une solution pour éviter que les principaux candidats ne dépendent de financements étrangers.
« Au moment où je vous parle, aucune banque française n’a répondu favorablement. » C’est avec cette déclaration que Jordan Bardella a reconnu, samedi 29 août, que le Rassemblement national (RN) n’avait toujours pas obtenu le prêt nécessaire au financement de la campagne présidentielle de Marine Le Pen.
Interrogé en marge de son déplacement à la foire agricole de Châlons-en-Champagne, dans la Marne, le président du RN a indiqué que son parti poursuivait ses démarches auprès des établissements bancaires français. « Il serait profondément inquiétant pour le fonctionnement de la démocratie française que le mouvement politique qui est aujourd’hui donné en tête dans tous les sondages ne puisse pas trouver de financement, en France ou en Europe », a-t-il déclaré sur BFMTV, assurant que le parti continuait à chercher une solution.
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Un problème qui n’est pas nouveau pour le Rassemblement national
La difficulté rencontrée par le RN n’est pas inédite. Lors des précédentes campagnes présidentielles, Marine Le Pen avait déjà dû se tourner vers des établissements étrangers pour financer sa candidature.
En 2017, elle avait obtenu un prêt auprès d’une banque russe. Depuis la loi de 2017 pour la confiance dans la vie politique, les candidats français ne peuvent toutefois plus emprunter auprès de banques situées en dehors de l’Espace économique européen. En 2022, la candidate du RN avait donc eu recours à une banque hongroise.
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Pour 2027, le recours à une banque étrangère apparaît d’autant plus délicat que la question des ingérences étrangères est devenue un sujet majeur dans le débat politique français. L’objectif affiché par les autorités est donc de parvenir à une solution permettant aux candidats de financer leur campagne auprès d’établissements français ou européens, sans dépendre de puissances étrangères.
Pourquoi les banques hésitent-elles à prêter au RN ?
Les établissements bancaires se défendent de prendre leurs décisions en fonction des opinions politiques des candidats. Ils mettent plutôt en avant les risques financiers, réglementaires et de réputation.
Le financement d’une campagne présidentielle comporte en effet une part importante d’incertitude. Le remboursement public dépend notamment du résultat obtenu au premier tour : un candidat qui atteint au moins 5 % des suffrages peut bénéficier d’un remboursement de l’État correspondant à 47,5 % du plafond légal de dépenses, tandis que les candidats situés sous ce seuil sont beaucoup moins remboursés.
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À cela s’ajoutent les obligations de conformité auxquelles les banques sont soumises. Marine Le Pen reste par ailleurs une personnalité politiquement et juridiquement exposée, après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du RN. Ces éléments contribuent à rendre le dossier particulièrement sensible pour les établissements financiers.
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Certaines banques françaises ont également adopté depuis plusieurs années une politique consistant à ne pas financer directement les partis politiques. Le problème n’est donc pas nécessairement limité au seul RN, même si le parti de Marine Le Pen concentre aujourd’hui une attention particulière en raison de son poids électoral.
Matignon tente de trouver une solution
Face à cette situation, le gouvernement a lui-même commencé à intervenir. En juillet, des représentants des principales banques françaises avaient été reçus à Matignon afin de discuter du financement de la campagne de Marine Le Pen.
L’hypothèse étudiée consistait notamment à mettre en place un « pool » bancaire, regroupant plusieurs grands établissements afin de répartir entre eux le risque lié au prêt. Une garantie publique pourrait également être envisagée afin de limiter le risque financier si le candidat ne franchissait pas le seuil permettant un remboursement important de ses dépenses de campagne.
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Selon Le Monde, les discussions concernaient notamment les six grands groupes bancaires français : BNP Paribas, Société générale, BPCE, Crédit mutuel, Crédit agricole et La Banque postale. L’objectif serait de partager à la fois le risque financier et le risque réputationnel.
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Mais au 29 août, aucune solution définitive n’avait encore été annoncée pour le RN.
Un enjeu qui dépasse le seul RN
La question du financement bancaire ne concerne pas uniquement Marine Le Pen. Plusieurs candidats à la présidentielle doivent eux aussi trouver des ressources importantes pour financer leur campagne.
Le problème est cependant particulièrement visible pour le RN, qui figure parmi les favoris du scrutin selon les enquêtes d’opinion. Dans un sondage Elabe pour BFMTV et La Tribune Dimanche publié le 29 août, Marine Le Pen était créditée de 34 à 35,5 % des intentions de vote au premier tour, devant Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon.
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Cette situation donne au dossier une dimension institutionnelle : comment garantir que les candidats disposant d’un soutien électoral important puissent effectivement accéder au crédit nécessaire pour mener campagne ?
Le débat sur une éventuelle « banque de la démocratie », chargée de faciliter le financement des campagnes électorales, revient ainsi régulièrement dans la vie politique française. L’enjeu est de permettre aux candidats de disposer des moyens nécessaires tout en évitant que le système bancaire ne devienne, directement ou indirectement, un facteur de sélection politique.
Le temps presse
À mesure que l’échéance présidentielle approche, la question devient donc de plus en plus urgente pour le RN. Le parti affirme ne pas être confronté à un problème de solvabilité immédiate, mais plutôt à l’absence d’un établissement acceptant de prendre en charge le financement de la campagne.
Jordan Bardella assure vouloir poursuivre les discussions. « J’espère que nous trouverons un prêt, bien sûr », a-t-il déclaré samedi.
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Pour le RN, l’enjeu est désormais double : sécuriser rapidement les moyens financiers de la campagne et éviter que l’absence de financement français ne contraigne une nouvelle fois le parti à chercher des solutions à l’étranger.
À huit mois du premier tour, le dossier reste donc ouvert. Et derrière la recherche d’un simple prêt bancaire se joue une question beaucoup plus large : celle de l’égalité d’accès au financement entre les candidats et, plus largement, de l’indépendance financière des campagnes électorales françaises.
Cette version ajoute notamment le rôle de Matignon, le mécanisme de “pool” bancaire, les règles de remboursement public et le précédent russe/hongrois, ce qui donne davantage de profondeur à l’article sans présenter comme acquis un accord bancaire qui ne l’était pas encore au 29 août.
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