Le Rassemblement national veut soumettre au référendum l’interdiction du voile dans l’espace public

Le Rassemblement national veut soumettre au référendum l’interdiction du voile dans l’espace public

En cas de victoire à la présidentielle, le Rassemblement national (RN) entend soumettre aux Français la question de l’interdiction du voile islamique dans l’espace public. Une proposition défendue de longue date par Marine Le Pen, mais qui soulève d’importantes interrogations sur le plan constitutionnel.

L’interdiction du port du voile dans l’espace public revient au premier plan dans les propositions du Rassemblement national. Déjà présente dans les programmes de Marine Le Pen lors de ses trois précédentes candidatures à l’Élysée, cette mesure pourrait de nouveau être défendue par le parti lors de la prochaine élection présidentielle.

En cas de victoire, le RN souhaite organiser un référendum afin de permettre aux Français de se prononcer sur cette question particulièrement sensible.

Une position réaffirmée au sein du RN

Le débat a été relancé dimanche par Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme. Invité sur BFMTV, le parlementaire a affirmé que le parti entendait bien « sanctionner le port du voile » islamique s’il arrivait au pouvoir.

Selon lui, les femmes portant le voile malgré une éventuelle interdiction pourraient être sanctionnées par une amende. Il a notamment comparé cette mesure aux sanctions prévues pour certaines infractions du quotidien, évoquant notamment le non-port de la ceinture de sécurité en voiture.

« Ça a été tranché », a ainsi déclaré Jean-Philippe Tanguy, confirmant la volonté du RN de faire de cette question un axe de sa politique en matière de lutte contre ce que le parti considère comme l’idéologie islamiste.

Bardella privilégie le référendum

Le lendemain, lundi 31 août, Jordan Bardella s’est toutefois montré plus prudent. Le président du RN a cherché à prendre ses distances avec l’idée d’une surveillance généralisée des tenues vestimentaires.

« Je ne veux pas d’une police du vêtement », a-t-il déclaré devant des journalistes, à l’issue d’un échange au siège du parti.

Jordan Bardella a surtout insisté sur le recours au référendum. Selon lui, ce sont les Français qui devraient décider de l’instauration ou non d’une telle interdiction.

Le président du RN a évoqué plus largement deux consultations populaires qui pourraient être organisées au cours d’un éventuel quinquennat. La première porterait sur l’immigration. La seconde, qui interviendrait ultérieurement, concernerait « la question de l’idéologie islamiste ».

Une mesure défendue depuis plusieurs années par Marine Le Pen

L’interdiction du voile dans l’espace public n’est pas une nouvelle proposition du RN. Marine Le Pen la défend depuis plusieurs années et l’avait déjà inscrite dans ses programmes présidentiels précédents.

Le sujet demeure cependant particulièrement controversé. Une interdiction générale du voile dans l’espace public irait plus loin que la législation française actuelle, qui interdit notamment la dissimulation du visage dans l’espace public, mais n’interdit pas de manière générale le port d’un voile laissant le visage découvert.

La mise en œuvre d’une telle mesure poserait donc une question centrale : un référendum peut-il permettre d’adopter une disposition susceptible de se heurter aux principes constitutionnels et aux libertés fondamentales ?

Une bataille politique et constitutionnelle en perspective

Au-delà du débat politique sur la place de la religion dans l’espace public, la proposition du RN pourrait ainsi ouvrir une importante bataille juridique. Le principe de laïcité, la liberté de conscience, la liberté personnelle ainsi que les exigences constitutionnelles en matière de droits et libertés pourraient être invoqués dans le débat.

Pour le Rassemblement national, le référendum constitue précisément un moyen de faire trancher directement la question par les électeurs. Pour ses opposants, une consultation populaire ne suffirait pas nécessairement à écarter les contraintes constitutionnelles.

Le sujet pourrait donc devenir l’un des dossiers les plus sensibles de la prochaine campagne présidentielle. Entre la volonté affichée du RN de renforcer la lutte contre l’islamisme et les interrogations sur la constitutionnalité d’une interdiction générale du voile, le débat promet de se jouer autant sur le terrain politique que juridique.

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