Incendies : accusé « d’hypocrisie », le RN mis face à ses votes contre les mesures de soutien aux pompiers et sa politique climatique. Alors qu’il tente de se positionner en premier défenseur de la société civile, le Rassemblement national a voté contre le recrutement de pompiers, la revalorisation de leurs salaires ou la hausse des moyens qui leur sont alloués.

Le 10 octobre 2025, Marine Le Pen s’offrait un bain de foule au congrès national des sapeurs-pompiers au Mans, alors qu’à l’Élysée se tenait une réunion de crise avec les chefs de parti, convoqués après la démission temporaire de Sébastien Lecornu.

La déambulation de la dirigeante d’extrême droite, retransmise en direct par les chaînes d’information, la mettait en scène comme une candidate proche des préoccupations des soldats du feu.

Alors que des incendies d’une ampleur inédite ravagent plusieurs régions françaises ces derniers jours, Marine Le Pen a réitéré son message de soutien, vantant leur « abnégation exceptionnelle » et leur adressant « sa pleine et entière reconnaissance », dans un message publié sur X vendredi.

Vote contre les mesures de soutien aux pompiers

 

Un angle d’attaque saisi par le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, qui dénonce sur le même réseau social « un moment de grande hypocrisie de l’extrême droite ».

« À l’Assemblée nationale, le RN a voté contre le recrutement de sapeurs-pompiers, contre la revalorisation de leurs salaires et contre le renforcement des moyens qui leur sont alloués », tacle le socialiste.

Lundi, la patronne des écologistes, Marine Tondelier, a embrayé en fustigeant « les pyromanes de la politique », tandis que ses députés relayaient des visuels affirmant : « Ne comptez pas sur le RN pour défendre les sapeurs-pompiers ».

Au cœur des critiques figure notamment le vote contre un amendement défendu par la gauche lors de l’examen du budget en janvier, qui proposait d’augmenter une taxe pour mieux financer les services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) à bout de souffle.

Face aux accusations, la riposte du Rassemblement national s’organise.

Plusieurs responsables dénoncent sur les plateaux télé et les réseaux sociaux « les fake news de la gauche » et celles lancées par « les équipes numériques de Renaissance » pour « faire oublier l’annulation » des « commandes de Canadairs » en 2024 quand Gabriel Attal était à Matignon.

Quant au vote contre cet amendement, le parti le justifie : il s’agissait d’éviter que la taxe ne se répercute in fine sur les ménages via les contrats d’assurance.

Dans le même budget, le RN a d’ailleurs proposé de revoir la répartition des recettes de cette taxe pour améliorer les finances des Sdis, mais cet amendement a, lui, été rejeté par la gauche, se défend-il mardi dans un message.

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