
C’est le soutien, l’admirateur, même, dont Marine Le Pen se passerait bien. Elon Musk s’est fait remarquer, mercredi, sur son réseau social X.
Entre des séquences de promotion de son usine Tesla au Texas, de l’arrivée de son réseau Starlink en Côte d’Ivoire et du lancement de sa fusée Starship, il a reposté un message issu d’un compte d’ultra-droite britannique, compte qui affichait son soutien à Marine Le Pen, et l’a assorti de ce commentaire personnel sur la candidate du RN : « She’s France’s last hope (Elle est le dernier espoir de la France). »
En matière d’ingérence, l’homme le plus riche du monde, ancien conseiller spécial de Donald Trump à la Maison-Blanche, n’en est pas à son premier forfait.
Il a, entre autres, soutenu Viktor Orban en Hongrie et encensé l’AfD en Allemagne, AfD dont le Rassemblement national fait tout pour s’éloigner depuis 2024… Il ne manque jamais une occasion d’exprimer sa sympathie pour les mouvements d’extrême droite du Vieux continent, avec lesquels il partage, entre autres, une exécration de l’Union européenne.
Des réactions embarrassées
Et c’est bien tout le problème pour un RN en quête de respectabilité, comme en témoignent les réactions embarrassées des lieutenants de la candidate à la présidentielle.
« Cela ne nous lie pas à Elon Musk », déclarait jeudi matin Sébastien Chenu, vice-président du RN, sur France 2, avant d’ajouter : « Il y a des soutiens qui seront peut-être beaucoup plus embarrassants pour nos adversaires que celui d’Elon Musk aujourd’hui. » À la même heure, le président délégué du groupe à l’Assemblée nationale, Jean-Philippe Tanguy, affichait une grande prudence sur RTL : « Il a le droit de s’exprimer. Nous, on est contre toutes les ingérences ».
Et leur collègue Laurent Jacobelli assurait sur France Info que son mouvement n’avait pas à « répondre de ceux qui nous soutiennent. » Il frôlait pourtant la maladresse en assurant que « personne ne peut changer les choses de l’extérieur ».
Rien d’illégal, tout de suspect
Une telle affirmation contredit de nombreuses études et enquêtes, qui montrent que, justement, les ingérences numériques étrangères peuvent influencer les scrutins. Le 11 juin dernier, Sébastien Lecornu recevait d’ailleurs les différents partis politiques à ce sujet, en vue de protéger le débat démocratique lors de la prochaine campagne présidentielle.
L’intervention d’Elon Musk en faveur de Marine Le Pen n’a en soi rien d’illégal. À ceci près que son auteur est le propriétaire du réseau social X, et qu’il est en mesure d’en contrôler l’algorithme, éventuellement de le manipuler.
C’est une des raisons pour lesquelles plusieurs représentants du RN ont tenu à prendre leurs distances. Il en est une autre, qui tient à la personnalité même d’Elon Musk.
« Regardez bien de qui Marine Le Pen est la favorite : Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, le champion du profit à tout prix, l’homme qui bafoue les lois européennes et soutient les partis les plus extrémistes partout en Europe », a commenté l’eurodéputée Nathalie Loiseau, soutien d’Édouard Philippe… sur le réseau social X.
Preuve que celui-ci, malgré toutes les vives critiques à son encontre, représente une caisse de résonance qu’il est difficile de négliger.