Elon Musk a beau ne plus faire partie de l’administration de Donald Trump, il n’en
conserve pas moins un fort tropisme politique.
Au point, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises ces dernières années, de
prendre position dans les campagnes électorales de plusieurs pays européens, en
prenant fait et cause pour des partis et des personnalités populistes ou
nationalistes.
Après avoir affiché fin 2024 son soutien au parti d’extrême droite AFD à l’approche
des législatives allemandes, pris la défense du nationaliste Călin Georgescu à la
suite de l’annulation du premier tour de la présidentielle roumaine, puis appuyé la
démarche de l’activiste identitaire britannique Tommy Robinson, voilà que le
milliardaire américain apporte officiellement son soutien à Marine Le Pen en vue du
scrutin de 2027.

La chef des députés RN ayant retrouvé, le 7 juillet, son éligibilite à l’issue du procès
en appel des assistants parlementaires du FN et confirmé, dans la foulée, sa
candidature, le patron de Tesla et de X estime ce mercredi sur son reseau social
qu’elle constitue «le dernier espoir de la France».
A l’appui de cette affirmation, il relaie le commentaire d’un internaute mettant en
avant la progression virtuelle de la quadruple candidate à l’Élysee entre son score
de 2022 et les sondages actuels, qui la créditent de 35 à 36 % des intentions de
vote.
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Le parti nationaliste, soucieux, ces derniers mois, de prendre ses distances avec
Donald Trump, dont le style et la personnalité sont à mille lieues de sa stratégie de
dédiabolisation et qui est devenu un repoussoir pour une partie de l’electorat français, il semble accueillir ce soutien avec une certaine gêne.
Mercredi soir, aucune figure du parti n’avait encore commenté cette prise de
position.
Mais invité de France 2, ce jeudi, le vice-président du parti, Sébastien Chenu, n’a
pas pu se soustraire à la question.
«On ne doit rien à Elon Musk, Elon Musk ne nous doit rien.
Il fait ce qu’il veut», a balayé le cadre nationaliste.
Et estime que ce soutien «ne lie pas» le parti au milliardaire américain.

Sur le risque d’ingérence que pourrait représenter ce soutien et qui est pointé du
doigt par les adversaires du RN, l’élu rétorque : «Quand Monsieur Obama,
président des États-Unis, soutenait Emmanuel Macron, on pouvait éventuellement
parler d’ingérence».
Et avance que dans ce cas «on est très loin de l’ingérence».
Le député du Nord affirme encore qu’«il y a des soutiens qui seront peut-être
beaucoup plus embarrassants pour nos adversaires que celui d’Elon Musk
aujourd’hui», sans pour autant donner de noms.
Un tournant pour Elon Musk, puisqu’il s’était jusqu’à présent contenté de lui
apporter un soutien personnel.
A la suite du jugement de première instance, qui compromettait sérieusement ses
chances de se présenter à l’élection présidentielle, l’entrepreneur avait notamment
dénonce sa condamnation pour detournement de fonds publics, sans pour autant
appeler explicitement a voter pour elle ni soutenir sa candidature.
«J’espère et j’encourage Mme Le Pen à surmonter cette persécution et à se
présenter à la prochaine élection présidentielle» en 2027, avait-il simplement écrit.

Sitôt le message d’Elon Musk publie, plusieurs opposants au RN ont reagi.
A commencer par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot.
«Like we say in French (comme on dit en français, NDLR) : il n’y a que les
imbéciles qui ne changent pas d’avis», a grincé la figure du MoDem.
«Regardez bien de qui Marine Le Pen est la favorite : l’homme le plus riche du
monde, le champion du profit à tout prix, l’homme qui bafoue les lois européennes
et soutient les partis les plus extrémistes partout en Europe, celui qui s’est
réconcilié avec Trump», a moqué l’eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau.
Du côté de la gauche, le député LFI Antoine Léaument a dénoncé «l’ingérence
étrangère d’Elon Musk (qui) a commencé pour l’élection présidentielle», appelant
l’Arcom à se saisir du dossier.